Simulateur arrêt maladie en France : IJSS et maintien de salaire
Estimez les indemnités journalières de la Sécurité sociale en France (IJSS), le délai de carence et le maintien de salaire par l'employeur.
Arrêt maladie, accident du travail, maladie professionnelle en France : indemnités journalières et maintien de salaire
En France, en maladie ordinaire, la Sécurité sociale verse à partir du 4e jour une indemnité égale à 50 % du salaire journalier de base, plafonnée à 42,97 € bruts par jour en 2026 (1,4 SMIC). En accident du travail ou en maladie professionnelle, l'indemnité journalière est due sans carence : 60 % du salaire journalier jusqu'au 28e jour, puis 80 %. Avec au moins un an d'ancienneté, l'employeur complète jusqu'à 90 % du brut, puis jusqu'aux deux tiers. L'outil additionne les deux et estime la perte nette sur la période.
Formule appliquée
Salaire journalier = brut mensuel ÷ 30,42 ; il sert au complément employeur et à l'accident du travail. Maladie ordinaire : IJSS = 50 % du salaire journalier de base, c'est-à-dire les 3 derniers salaires bruts ÷ 91,25 (l'outil prend 3 fois le brut mensuel saisi), limité à 85,93 € (3 × 1,4 SMIC ÷ 91,25), après 3 jours de carence. Complément employeur légal (article L1226-1 du Code du travail) : 90 % du salaire journalier moins l'IJSS du même jour pendant 30 jours, puis 66,66 % moins l'IJSS pendant 30 jours ; chaque période gagne 10 jours par tranche entière de 5 ans d'ancienneté au-delà de la première année, 90 jours au plus, et le complément s'arrête ensuite. Il démarre au 8e jour d'absence, sauf en accident du travail et en maladie professionnelle, où il est dû dès le 1er jour ; l'accident de trajet garde les 7 jours de carence (article D1226-3). Net estimé : 93,3 % des IJSS (CSG 6,2 % et CRDS 0,5 %) ; le complément et le salaire habituel perdent le taux de cotisations salariales saisi, 22 % par défaut (il reste alors 78 % du brut).
Convention Syntec et maintien à 100 %
Convention Syntec (IDCC 1486, article 9.2, avenant n° 46 étendu en 2023) : le maintien est dû dès le premier jour d'absence, sans carence, pendant 90 jours au plus sur 12 mois consécutifs. Il faut un an d'ancienneté en maladie ; en accident du travail ou en maladie professionnelle, le droit est acquis dès le premier jour de présence. ETAM de 1 à 5 ans : 30 jours à 100 % du brut, puis 60 jours à 80 %. ETAM de plus de 5 ans : 60 jours à 100 %, puis 30 jours à 80 %. Ingénieurs et cadres : 90 jours à 100 %. Le maintien complète les IJSS sans porter le salarié au-delà de sa rémunération nette habituelle. L'outil retient chaque jour le plus favorable entre ce maintien et le complément légal. L'option 100 % suit la même règle, avec 3 jours de carence en maladie.
Indemnité journalière en accident du travail ou maladie professionnelle
Pas de carence côté CPAM : l'indemnité est versée dès le lendemain de l'accident, et l'accident de trajet est indemnisé comme un accident du travail. Du 1er au 28e jour, elle vaut 60 % du salaire journalier ; à partir du 29e jour, 80 %, sans dépasser le salaire journalier net, c'est-à-dire le salaire journalier diminué de 21 % (en pratique 79 %). Le salaire journalier retenu est plafonné à 0,834 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), soit 400,82 € : l'indemnité atteint au plus 240,49 €, puis 320,66 €. Pour un accident ou une maladie professionnelle survenu à partir du 1er novembre 2026, le plafond passe à 0,226 %, soit 108,62 € : 65,17 € au plus, puis 86,90 €. Le simulateur demande donc la date de survenue ; pour une maladie professionnelle, reprenez celle que retient votre CPAM.
Arrêts des 12 derniers mois et détail jour par jour
Le champ « jours déjà indemnisés » reprend les jours de complément versés par l'employeur pendant les 12 mois qui précèdent l'arrêt. L'article D1226-4 du Code du travail en tient compte : sur 12 mois, la durée totale d'indemnisation ne dépasse pas celle des articles D1226-1 et D1226-2. Avec Syntec, le maintien est limité à 90 jours sur 12 mois consécutifs. L'outil déduit ces jours d'abord de la période la mieux payée (90 % pour le Code du travail, 100 % pour Syntec). La carence de 7 jours du complément légal s'applique à chaque nouvel arrêt (article D1226-3). Avec 20 jours déjà indemnisés, l'exemple de 21 jours de maladie ci-dessous donne 10 jours à 90 % puis 4 jours aux deux tiers, soit 548,99 € de complément brut au lieu de 641,07 €.
Le détail jour par jour, à déplier sous le résultat, donne pour chaque jour l'indemnité brute, le complément brut et le net estimé. Il signale les changements : fin de la carence, passage aux deux tiers, 29e jour en accident du travail, fin du complément ou des 90 jours Syntec. Les montants y sont arrondis au centime ; leur somme peut donc s'écarter légèrement du total, calculé sans arrondi intermédiaire.
Exemples
21 jours de maladie ordinaire, 3 000 € brut par mois, 3 ans d'ancienneté : salaire journalier 98,62 €, IJSS 42,97 € × 18 jours = 773,41 € brut (721,59 € net). Complément du 8e au 21e jour : (88,76 − 42,97) × 14 = 641,07 € brut (500,03 € net). Total net : 1 221,62 € contre 1 615,38 € habituels, soit 75,6 % de maintien, calculés sans arrondi intermédiaire.
Maladie professionnelle reconnue, 45 jours d'arrêt, mêmes salaire et ancienneté : indemnité journalière de 59,17 € du 1er au 28e jour, puis 77,91 € (79 % du salaire, car 80 % dépasserait le salaire net), soit 2 981,26 € brut (2 781,52 € net). Le complément employeur couvre l'écart avec 90 % du salaire les 30 premiers jours, puis plus rien, car les deux tiers du salaire (65,74 €) restent sous l'indemnité : 850,10 € brut (663,08 € net), calculés sans arrondi intermédiaire. Total net : 3 444,59 € contre 3 461,54 €, soit 99,5 %. Le résultat est le même avant ou après le 1er novembre 2026, car 98,62 € reste sous les deux plafonds. En accident de trajet, les indemnités sont identiques mais le complément démarre au 8e jour : 718,93 € brut, total net 3 342,29 € (96,6 %). Avec 5 000 € brut par mois, un accident du travail survenu avant le 1er novembre 2026 donne 98,62 € puis 129,85 € par jour ; survenu à partir de cette date, 65,17 € puis 86,90 €.
Limites
- Le complément légal suppose un an d'ancienneté, y compris en accident du travail ; beaucoup de conventions collectives sont plus favorables.
- L'article D1226-4 ne dit pas sur quelle période imputer les jours déjà indemnisés : les déduire d'abord de la période la mieux payée est un choix de l'outil. Un seul nombre de jours sert au Code du travail et à Syntec.
- Le taux de cotisations de 22 % proposé par défaut est une approximation pour un salarié non cadre ; le taux d'un cadre est souvent plus élevé. Reprenez celui de votre bulletin de paie.
- Syntec : le texte vérifié ne dit pas si l'accident de trajet échappe à la condition d'un an d'ancienneté, ni quel palier s'applique sous un an en accident du travail ou en maladie professionnelle. L'outil exige un an en accident de trajet et applique le premier palier de la catégorie. Au-delà de 90 jours, le relais de la prévoyance n'est pas calculé.
- L'option 100 % dépend de votre contrat de prévoyance ; votre convention collective et votre prévoyance priment.
- Le complément légal n'est pas plafonné au salaire net dans l'outil : en accident du travail, le taux de maintien affiché peut dépasser 100 %.
Estimation indicative qui ne remplace ni votre service paie ni un conseiller.
Sources et dates : plafond de 1,4 SMIC depuis le 1er avril 2025 (décret n° 2025-160 du 20 février 2025) ; SMIC de 1 867,02 € au 1er juin 2026 (arrêté du 22 mai 2026), retenu pour les arrêts débutant à partir du 1er juillet 2026 (article R323-4 du Code de la sécurité sociale) ; IJ maximale 42,97 € et carence de 3 jours (Service Public) ; Code du travail, L1226-1 et D1226-3 ; accident de trajet assimilé à un accident du travail : article L411-2 du Code de la sécurité sociale ; indemnités AT-MP (60 %, 80 %, 30,42, salaire net diminué de 21 %, 240,49 € et 320,66 € au 1er janvier 2026) : ameli.fr, page « Accident du travail : prise en charge et indemnités journalières », mise à jour du 20 janvier 2026 ; plafond annuel de la Sécurité sociale de 48 060 € (arrêté du 22 décembre 2025, Urssaf) ; plafond de 0,226 % : décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026, article 3, et 65,17 € puis 86,90 € (ameli.fr, actualité du 22 octobre 2026) ; convention Syntec, article 9.2 ; durée du complément sur 12 mois : D1226-4 (vérifié le 28/10/2026).
Questions fréquentes
Combien de jours de carence en arrêt maladie ?
La CPAM applique 3 jours de carence en maladie ordinaire : les indemnités journalières sont versées à partir du 4e jour. Le complément légal de l'employeur démarre après 7 jours d'absence, soit le 8e jour, sauf convention collective plus favorable. En accident du travail ou maladie professionnelle, il n'y a de carence ni côté CPAM ni côté employeur ; l'accident de trajet garde les 7 jours côté employeur.
Quel est le montant maximum des IJSS maladie en 2026 ?
L'indemnité vaut 50 % du salaire journalier de base (3 derniers salaires bruts ÷ 91,25). Pour les arrêts débutant depuis le 1er avril 2025, ce salaire est plafonné à 1,4 SMIC, soit 2 613,83 € par mois pour les arrêts débutant depuis le 1er juillet 2026. L'indemnité maximale est donc de 42,97 € bruts par jour, avant 6,7 % de CSG et CRDS.
Qui a droit au maintien de salaire par l'employeur ?
Le salarié doit avoir au moins un an d'ancienneté, envoyer son arrêt dans les 48 heures et percevoir les IJSS (article L1226-1 du Code du travail). Il reçoit 90 % de sa rémunération brute pendant 30 jours, puis les deux tiers pendant 30 jours, IJSS déduites. Chaque période gagne 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté au-delà de la première année, dans la limite de 90 jours.
Comment est indemnisé un accident du travail ?
Les IJ sont dues dès le lendemain de l'accident, sans carence : 60 % du salaire journalier de base jusqu'au 28e jour, puis 80 % à partir du 29e, sans dépasser le salaire journalier diminué de 21 %. Ce salaire est plafonné à 0,834 % du PASS, soit 400,82 € par jour en 2026. Le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026 abaisse ce plafond à 0,226 % du PASS (108,62 €) pour les accidents et maladies professionnelles survenus à partir du 1er novembre 2026 : l'indemnité atteint alors au plus 65,17 €, puis 86,90 €. L'accident de trajet est indemnisé de la même façon par la CPAM.
Quelle indemnité journalière pour une maladie professionnelle ?
Les règles de l'accident du travail s'appliquent. Pour 3 000 € brut par mois, le salaire journalier est de 98,62 € : l'indemnité vaut 59,17 € par jour jusqu'au 28e jour, puis 77,91 €, et non 78,90 €, car elle ne peut dépasser le salaire net, fixé à 79 % du brut. Sur 45 jours d'arrêt, cela fait 2 981,26 € brut. Avec 3 ans d'ancienneté, le complément légal de l'employeur porte le total net à 99,5 % du salaire habituel.
Un arrêt précédent réduit-il le maintien de salaire ?
Oui. L'article D1226-4 du Code du travail tient compte des indemnités déjà versées pendant les 12 mois précédents : sur cette période, la durée totale du complément ne dépasse pas celle que donne votre ancienneté (30 jours à 90 % puis 30 jours aux deux tiers, plus 10 jours par tranche de 5 ans au-delà de la première année). La convention Syntec limite de même le maintien à 90 jours sur 12 mois consécutifs. Indiquez ces jours dans le simulateur : il les déduit d'abord de la période la mieux payée.
L'outil est-il vraiment gratuit ?
Oui, l'intégralité des outils sur Kristools sont 100% gratuits et accessibles sans inscription.
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